Yallah Révolution
Nous sommes dans un village tranquille, sans histoires, dans les Alpes de l'Est où les villageois sont gentillets et solidaires.
Le matin du jour du bicentenaire de l'empêchement de l'anéantissement du monde, un berger, haut dans les montagnes, avec son troupeau qu'il promène. D'un coup, il entend une drôle de musique, une sympathique mélodie dans le genre musique d'ascenseur. Le son résonne de plus en plus fort dans les oreilles sales du pécore. Un mouton apparaît soudainement devant ses yeux cernés. Il ne l'avait pas vu.
« Miloudiou ! Que fait c'te mouton là ? Il vient pô d'mon tr'peau, lui. On dirait qu'c'te satanée musique vient d'c'te bête là. »
Le mouton se lève alors sur ses deux pattes trois quarts arrière, regarde fixement dans les yeux du brave berger, un regard sûr d'assassin de sang froid. La bête dit : « Béééééh ! ». La musique d'ascenseur s'arrête net, comme un Homme en train de courir se prenant une balle de sniper entre les deux billes. Le paysan n'a pas peur. Pourquoi aurait-il peur d'un animal inoffensif ?
Tout d'un coup, le mouton crie d'une voix profonde et grave : « YALLAH ! ». Il explose.
Il ne reste plus que les chaussures trouées, fumantes et puantes du péqueneau.
Pour la première fois, il y eut un meurtre...
Mais, peut-on réellement appeler ça un meurtre ?
Le soir même, dans une salle des fêtes, tous les habitants du village fêtent l'événement. L'endroit est blindé de gens complètement pleins, de nourriture périmées, de boissons et une odeur infecte envahit la salle. On entend crier les fêtards, on les voit vomir, dormir et boire jusqu'au coma éthylique. Mais ce dernier est rare. En effet, ceux sont de vrais gaillards ces alcooliques.
L'un d'eux suggère quelque chose :
« Eh ! Les gaaaaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAARS ! Si qu'on goûtait c'QU'NOUS a fait le bon vieux M'sieur BouBON ?
_OUAAAAAAAAAAAAAAAAIS , l'un d'eux répond !
_Mais, qué'qu'un l'rait pôs vu ?
_AH MAIS J'sais PÂS moi ! L'est p't-être en TRAIN d'se voMIR d'sa gerb' !
_Sacristi ! J'voulais tâter d'son nouvelle alcool ! Sa... Sa... Saaaaa...
_NORRISNOFF ?!
_OUAIS ! C'ça ! »
Quelques heures plus tard, un berger s'assoit près d'une fenêtre. Il aperçoit une forme blanche dehors, dans le noir. Il n'arrive pas à distinguer cette tâche claire. C'est normal, vu les tonnes d'alcool qu'il a englouti. Il hurle : « OOOOOH ! AAAH ! J'crois qu'y'a mes bêtes, dehors ! J'vais les rentrer ! ». Les autres fêtards entendent un bruit sourd venant de l'extérieur, croyant au feu d'artifice annuel, sortent... sauf certains car les pochetrons restants sont trop torchés pour bouger leurs gras.
Les ivrognes sortis ne voyant rien, ils se demandent pourquoi le spectacle ne continuait pas. Au même moment, un jeune mouton s'extirpe de l'obscurité en marchant d'un pas assuré. Les outres à vin le prennent pour Dieu (évidemment, quand on boit trop, on ne voit pas très clair...). Les imbibés se mettent à genoux, prient et hurlent la gloire de « Dieu ». Ensuite, le mouton flatté se met en posture, les croyants le regarde avec stupéfaction, et... « YALLAH » !
Résultat : 11 morts
Le lendemain matin, pendant une belle matinée douce et ensoleillée, les révolutionnaires se réunissent sur la plus grande colline du village (haute comme 3 pommes) pour planifier la destruction du village. Plus tard, vers 11h42, la première attaque se prépare, l'attaque de l'église !
Les kamikazes installe le matos : un tremplin et... et c'est tout...
Tirage à la courte paille et am-stram-gramage pour choisir celui qui va sauter. Le plus petit est choisi pour des raisons techniques : aérodynamisme, poids et c'est le moins aimé. Tout les calculs faits (eh oui, les moutons sont mathématiciens), le vilain petit mouton se prépare à s'envoler en direction du bâtiment sacré.
*suspens*
Il se met à courir le plus vite possible, compteur de vitesse devant les yeux, saute sur le tremplin et « YALLAAAAAAAAAAAAH ! »
Le suicidaire a explosé. Oui, mais... à 10 mètres de l'église. C'est ça de ne pas être allé à l'école.
Résultat : une mouche morte.
Après ce cuisant échec et la révélation de leur stupidité, ils se résignent à foncer dans le tas
